Quels pays sont encore des colonies aujourd’hui ?
En 2026, l’ONU recense 17 territoires non autonomes. Liste, puissances administrantes, populations et controverses sur les colonies actuelles.
Réponse courte
17 territoires restent officiellement à décoloniser en 2026 selon l’Organisation des Nations unies. Ils dépendent de 4 puissances administrantes — Royaume-Uni, États-Unis, France et Nouvelle-Zélande — et regroupent environ 1,5 million d’habitants, estimation calculée à partir des dernières données territoriales disponibles entre 2016 et 2025. Aucun État souverain reconnu par l’ONU n’est juridiquement une colonie : ce sont des territoires.
À retenir
- L’ONU recense 17 territoires non autonomes en 2026, administrés ou contrôlés principalement par le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, la Nouvelle-Zélande et le Maroc.
- Le Royaume-Uni administre 10 des 17 territoires inscrits, soit 58,8 % de la liste officielle de décolonisation en 2026.
- Selon la définition retenue, les estimations vont de 17 territoires onusiens à plus de 60 dépendances, occupations et situations coloniales en 2026.
- Le Sahara occidental reste inscrit depuis 1963, tandis que le référendum prévu par l’ONU depuis 1991 n’a toujours pas eu lieu en 2026.
- L’autonomie interne ou la citoyenneté métropolitaine ne remplacent pas nécessairement un processus d’autodétermination libre, éclairé et conforme au droit international.
La réponse courte : 17 territoires sous administration de 4 États
L’ONU emploie l’expression « territoires non autonomes », et non une définition universelle de « colonie ». En 2026, sa liste en compte 17, nombre inchangé depuis la réinscription de la Polynésie française en 2013. Un territoire dépendant ne possède pas la pleine souveraineté internationale, tout en restant juridiquement distinct du territoire métropolitain ou fédéral de l’État qui le contrôle.
| Puissance administrante selon l’ONU | Territoires inscrits en 2026 | Nombre |
|---|---|---|
| Royaume-Uni | Anguilla, Bermudes, îles Vierges britanniques, îles Caïmans, îles Falkland/Malvinas, Gibraltar, Montserrat, Pitcairn, Sainte-Hélène, îles Turques-et-Caïques | 10 |
| États-Unis | Guam, Samoa américaines, îles Vierges américaines | 3 |
| France | Nouvelle-Calédonie, Polynésie française | 2 |
| Nouvelle-Zélande | Tokelau | 1 |
| Cas disputé | Sahara occidental, administré principalement par le Maroc mais sans puissance administrante reconnue comme telle dans la liste | 1 |
Le total brut est donc 17 territoires en 2026, dont 16 associés à une puissance administrante indiquée par l’ONU et 1, le Sahara occidental, au statut international non résolu. Le Royaume-Uni administre 10 sur 17, soit 58,8 % de la liste.
Pourquoi cette liste constitue la référence internationale
Le fondement juridique est l’article 73 de la Charte des Nations unies, signée en 1945. Les États administrant des territoires « dont les populations ne s’administrent pas encore complètement elles-mêmes » y acceptent une obligation de développement politique et de transmission d’informations. La résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale, adoptée par 89 voix contre 0 et 9 abstentions le 14 décembre 1960, érige ensuite l’autodétermination en norme de décolonisation.
« La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme. » — Assemblée générale des Nations unies, 1960, résolution 1514 (XV), Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.
La résolution 1541 (XV), adoptée le 15 décembre 1960, reconnaît 3 issues conformes à l’autodétermination : indépendance, libre association ou intégration, à condition que le choix soit libre et éclairé. Entre 1945 et 1963, l’ONU a inscrit 64 territoires sur sa liste; la plupart en sont sortis après l’indépendance ou un changement de statut.
Les estimations varient de 17 à plus de 50 dépendances
Il n’existe pas de total savant unique, car les décomptes répondent à des questions différentes. La catégorie onusienne mesure une décolonisation inachevée; les nomenclatures géopolitiques comptent plus largement les territoires non souverains; les analyses anticoloniales peuvent aussi inclure occupations et rapports structurels de dépendance.
| Source ou méthode | Année | Estimation | Ce qui est compté |
|---|---|---|---|
| ONU, Comité spécial de la décolonisation | 2026 | 17 | Territoires non autonomes officiellement inscrits |
| Royaume-Uni, gouvernement | 2025 | 14 | Tous les territoires britanniques d’outre-mer, dont 10 figurent sur la liste de l’ONU |
| France, cadre constitutionnel et administratif | 2025 | 13 | Collectivités et territoires ultramarins habités ou administrés séparément, selon le périmètre retenu; 2 sont inscrits par l’ONU |
| Décomptes géopolitiques fondés sur les territoires dépendants | 2025–2026 | environ 50–60 | Dépendances et territoires à souveraineté spéciale, selon l’inclusion des espaces inhabités et antarctiques |
| Approche politique élargie | 2025–2026 | plus de 60 | Dépendances, occupations contestées et situations qualifiées de coloniales par certains chercheurs ou mouvements |
La population totale des 17 territoires est souvent arrondie par l’ONU à « près de 2 millions » dans ses documents de présentation. L’addition des derniers recensements et estimations disponibles entre 2016 et 2025 donne plutôt un ordre de grandeur d’environ 1,5 à 1,7 million, l’incertitude venant surtout du Sahara occidental : les statistiques marocaines incluent des résidents installés après 1975, tandis que des dizaines de milliers de Sahraouis vivent dans les camps proches de Tindouf, en Algérie.
Employer « colonie » au sens large produit donc une fourchette d’environ 17 à plus de 60 territoires en 2026, non parce que les faits seraient interchangeables, mais parce que les critères — statut onusien, souveraineté, occupation ou dépendance — diffèrent.
Qui conteste le terme de colonie, et pourquoi
Les puissances administrantes invoquent généralement l’autonomie interne, la citoyenneté et le consentement local. Le Royaume-Uni affirme que ses territoires d’outre-mer ne sont pas des colonies lorsque leurs populations souhaitent conserver le lien britannique. À Gibraltar, 98,97 % des suffrages exprimés lors du référendum du 7 novembre 2002 ont rejeté un partage de souveraineté avec l’Espagne. Aux Falkland/Malvinas, 99,8 % des votants des 10 et 11 mars 2013 ont choisi de maintenir le statut de territoire britannique d’outre-mer; l’Argentine conteste toutefois que les habitants puissent trancher un litige qu’elle présente comme territorial.
La France ne transmet pas à l’ONU les renseignements prévus par l’article 73 pour la Polynésie française, réinscrite en 2013, car elle récuse la qualification coloniale. En Nouvelle-Calédonie, les référendums de l’accord de Nouméa ont donné 56,67 % contre l’indépendance en 2018, puis 53,26 % en 2020. Le scrutin du 12 décembre 2021 a produit 96,50 % de « non » avec seulement 43,87 % de participation, après le boycott indépendantiste kanak; sa légitimité politique reste donc contestée malgré sa validité juridique française.
Le Maroc revendique le Sahara occidental comme ses « provinces du Sud ». La Cour internationale de Justice a pourtant conclu, dans son avis du 16 octobre 1975, que les liens historiques invoqués n’établissaient aucun lien de souveraineté territoriale empêchant l’autodétermination. Le Front Polisario réclame le référendum prévu depuis la création de la MINURSO par la résolution 690 du 29 avril 1991.
Ces désaccords portent moins sur l’existence d’un contrôle extérieur que sur sa légitimité : choix actuel des résidents, droits du peuple colonisé, implantation de populations, frontières héritées et accès aux ressources. Ils recoupent les mécanismes documentés dans Néocolonies et Exploitation en cours.
Ce qui découle encore du statut colonial
L’inscription à l’ONU impose une trajectoire d’autodétermination, mais aucun calendrier contraignant. Les scrutins doivent proposer des options réelles, reposer sur un corps électoral légitime et se tenir sans coercition. Le blocage du référendum du Sahara occidental depuis 1991, soit 35 ans en 2026, montre la faiblesse de l’exécution internationale.
Le statut touche aussi aux terres, aux bases militaires et aux ressources. Guam accueille d’importantes installations américaines; les habitants n’élisent aucun sénateur fédéral et leur délégué à la Chambre des représentants n’a pas de vote final en séance plénière en 2026. Aux Samoa américaines, les personnes nées sur place sont généralement des ressortissants américains non citoyens en vertu du droit fédéral en vigueur en 2026. En Polynésie française, les conséquences sanitaires et politiques des 193 essais nucléaires français réalisés de 1966 à 1996 restent centrales.
Reconnaître ces territoires comme les cas coloniaux officiellement non résolus ne signifie pas que tous leurs habitants veulent l’indépendance. Cela signifie qu’un lien de souveraineté hérité de l’expansion impériale demeure, et que son règlement doit appartenir aux peuples concernés. L’indépendance formelle ne supprime pas davantage les contraintes financières, militaires ou extractives : voir notre synthèse sur les néocolonies et le dossier consacré à l’exploitation qui se poursuit.
Sources et lectures complémentaires
- Nations unies — Les 17 territoires non autonomes
- Nations unies — Charte des Nations unies, chapitre XI
- Assemblée générale — Résolution 1514 (XV), 1960
- Cour internationale de Justice — Sahara occidental, avis consultatif de 1975
- Gouvernement britannique — UK Overseas Territories
- Congressional Research Service — Political Status of Puerto Rico, 2024
Questions fréquentes
- Quels sont les 17 territoires encore considérés comme coloniaux par l’ONU ?
- En 2026, l’ONU inscrit Anguilla, les Bermudes, les îles Vierges britanniques, les Caïmans, les Falkland/Malvinas, Gibraltar, Montserrat, Pitcairn, Sainte-Hélène, les Turques-et-Caïques, Guam, les Samoa américaines, les îles Vierges américaines, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Tokelau et le Sahara occidental. Les 16 premiers relèvent de 4 puissances indiquées; le dernier est principalement contrôlé par le Maroc.
- La France possède-t-elle encore des colonies en 2026 ?
- L’ONU considère en 2026 la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française comme 2 territoires non autonomes relevant de la France. Paris les qualifie de collectivités dotées d’autonomie plutôt que de colonies. La Polynésie française a été réinscrite en 2013; la Nouvelle-Calédonie a organisé 3 référendums entre 2018 et 2021, dont le dernier fut boycotté par les indépendantistes kanak.
- Pourquoi Porto Rico n’est-il pas sur la liste des 17 territoires de l’ONU ?
- Porto Rico n’est plus sur la liste depuis 1953, après que les États-Unis eurent présenté son statut de Commonwealth instauré en 1952 comme une forme d’autonomie. De nombreux juristes et militants portoricains contestent cette conclusion, puisque le Congrès américain conserve en 2026 les pouvoirs territoriaux fondamentaux. Porto Rico entre donc dans les décomptes élargis des dépendances, mais pas dans les 17 cas officiels.
- Le Sahara occidental est-il encore une colonie ?
- Oui, au sens du dispositif de décolonisation de l’ONU : le Sahara occidental figure sur sa liste depuis 1963. L’Espagne s’en est retirée en 1976; le Maroc contrôle aujourd’hui la majeure partie du territoire. La Cour internationale de Justice a rejeté en 1975 l’existence de liens de souveraineté annulant l’autodétermination, et le référendum confié à la MINURSO en 1991 reste inaccompli en 2026.
- Combien de personnes vivent encore dans des territoires coloniaux ?
- Pour les 17 territoires de l’ONU, l’ordre de grandeur en 2026 est d’environ 1,5 à 1,7 million d’habitants, calculé à partir de données publiées entre 2016 et 2025. L’ONU emploie parfois l’arrondi « près de 2 millions ». La variation provient surtout du Sahara occidental, où recensements marocains, population sahraouie réfugiée et définition géographique ne coïncident pas.
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Sources et lectures
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